FROGGY’S DELIGHT – YEALLOW HOMEBRED – Feb. 2016

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L’été dernier, sûr de moi et plein d’envie, j’ai parcouru la longue liste de disques à chroniquer à la recherche de la galette que personne n’a vue, de ce groupe inconnu qui gagnerait à l’être. Je me suis ainsi retrouvé avec un certain nombre d’albums et un temps libre que je croyais infini. Une margarita en entraînant une autre, les vacances se sont terminées avant que j’ai eu le temps de m’en rendre compte.

Je termine donc ce cycle de chroniques en retard seulement maintenant avec un disque sorti en avril 2015 : Homebred de Yeallow. Ce groupe Alsacien a commencé à se faire remarquer outre-Manche et outre-Atlantique, jouant même au fameux Whisky-a-go-go, mais passe toujours sous les radars français, radars dont on peut tout de même se demander s’ils sont bien réglés – soit dit en passant. Bref, le rock britannique made in France donne-t-il du vin anglais ?

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Arctic Monkeys. A leurs débuts. Un peu trop. Je ne suis pas un grand fan de ce qui a déjà été fait et que l’on refait à l’identique, mais je sais aussi que, pour faire passer un disque aujourd’hui, il faut donner au programmateur potentiel un premier titre facilement identifiable qui pourra être rangé dans une case sans effort intellectuel ou culturel majeur. Il ne faut donc pas juger un premier morceau sur son originalité. Voyons plutôt ce qui se passe ensuite.

La suite n’est pas révolutionnaire, et je ne crois pas que ce soit le but. Il faut se rendre à l’évidence, je suis face à un album rock simple et brut. Ce qui ne veut pas dire qu’il soit facile. La simplicité, surtout en rock, peut être une bonne chose. Les titres s’enchaînent avec une bonne énergie, des refrains qui rentrent dans la tête, des riffs qui sonnent, des références aux décennies précédentes distillées avec intelligence, et un ensemble au son plutôt frais. Ça n’a peut-être pas la puissance d’un album des Strokes, mais la technique est bien là et il ne manque qu’un peu de bouteille(s) et des moyens dont on peut penser qu’ils ne vont pas tarder à arriver pour hisser Yeallow au niveau. Un zeste de personnalité et d’originalité ne pourra pas faire de mal non plus, mais le temps fera sûrement à l’affaire.

[] Stop

On pourra toujours dire que Yeallow ne tient pas la comparaison avec ses grands frères anglo-saxons, ça ne coûte rien, et c’est toujours ce qu’on dit quand un groupe français s’aventure sur ce terrain. On pourra dire que leur accent n’est pas parfait, ça aussi c’est gratuit et dans un pays où l’immense majorité des habitants est incapable d’aligner trois mots d’anglais avec un accent potable, c’est plutôt drôle. Et dans le cas de Homebred, ce serait bien injuste. Si cet album n’est pas l’album rock de la décennie, c’est avant tout la belle réussite d’un groupe français qui avance avec ses propres armes, sa vision française d’un langage étranger, une bonne dose de débrouille… et de talent. À suivre.

Alex BBH